Encre végétale, encre à l’eau…
que choisir pour une impression écologique ?

Quelle encre pour une impression écologique ?

Votre projet écoresponsable est prêt et vous souhaitez passer à l’étape de l’impression. Vous avez choisi votre type de support (papier, carton, textile…) et maintenant se pose la question du choix de l’encre.

En effet, on entend parler des encres végétales ou encore d’encres à l’eau, mais vous permettent-elles vraiment une impression écologique ? Sont-elles adaptées à votre projet, votre support d’impression ?

Je vous propose de décortiquer pas à pas les points forts et les points faibles de ces alternatives ainsi que leurs possibilités d’impression.

L’encre minérale

Pour commencer, avant de vous parler de l’encre végétale, je pense intéressant de vous expliquer quelle type d’encre est habituellement utilisée par les imprimeurs avec le procédé offset : l’encre minérale.

Quelques bases sur la composition d’une encre

Les encres d’imprimerie sont composées de trois éléments principaux :

schéma composition encre imprimerie
  • 20% de colorants, suivant le type d’encre on parle aussi de pigments
  • 70% de véhicule, il est appelé ainsi car il transporte les colorants, il sert à les fixer sur le support et il peut également servir de vernis de finition
  • 10% d’additifs, ils permettent d’améliorer les propriétés de l’encre comme par exemple plus de brillance, de saturation…

Il s’agit de moyennes, ces chiffres peuvent varier et d’autres éléments peuvent s’ajouter comme des résines ou des solvants en fonction du type d’encre et de support.

Pourquoi appelle-t-on l’encre « minérale » ?

composition véhicule encre imprimerie

L’encre minérale est une encre grasse qui tire son nom de son véhicule, le pétrole (en latin petroleum « huile de pierre »).

Si les termes techniques vous intéressent, le véhicule de l’encre minérale est ainsi composé d’hydrocarbures saturés d’huile minérale (MOSH) et d’hydrocarbures aromatiques d’huile minérale (MOAH).

Pourquoi l’encre minérale fait-elle débat ?

Pendant la phase de séchage, l’encre soumise à des températures élevées dégage des COV (Composants Organiques Volatiles) provenant du pétrole de l’encre. Pour les employés de l’imprimerie, ils ont de multiples effets néfastes sur la santé et le benzène en particulier est cancérigène.

Même si l’émission volatile de solvants (COV) dans l’atmosphère est minime, ces émissions contribuent à augmenter la pollution atmosphérique.

Ces derniers temps, l’encre minérale est remise en cause concernant les emballages alimentaires. En effet, l’encre peut contaminer les aliments. Le MOAH en particulier (mélange issu du pétrole) est potentiellement cancérigène, toxique et perturbateur endocrinien.

De plus, cela remet en question l’utilisation du papier recyclé car ce sont ces mêmes cartons et papiers imprimés qui sont ensuite transformés en papier recyclé. Ce papier est donc potentiellement contaminé.

L’encre végétale

véhicule encre végétale

L’encre végétale est également une encre grasse dont la composition ressemble à celle de l’encre minérale. Ce qui change à l’intérieur, c’est la nature du véhicule. Le pétrole est remplacé par de l’huile végétale, cela peut être de l’huile de colza, palme, lin, soja…

Les points forts

Remplacer le véhicule par de l’huile végétale permet de réduire les émissions de COV, l’encre est moins dangereuse pour la santé. Pour l’imprimeur, l’encre végétale a plusieurs atouts par rapport à l’encre minérale. Elle propose une meilleure stabilité entre l’eau (utilisée dans le procédé d’impression) et l’encre, ce qui permet au final de réduire la gâche de papier et la quantité d’encre utilisée.

L’encre végétale a une bien meilleure biodégradabilité que l’encre minérale. De plus, l’huile végétale provient de ressources renouvelables contrairement au pétrole.

+ réduction des COV
+ meilleure stabilité eau/encre : moins de papier gâché et d’encre utilisée
+ meilleure biodégradabilité
+ ressources renouvelables

Les points faibles

Malheureusement, cette solution n’est pas infaillible. Actuellement quasiment aucun fournisseur d’encre végétale n’est capable de donner la provenance des huiles utilisées pour sa fabrication.

Ce qui pose problème car ces huiles proviennent souvent de cultures intensives non contrôlées. Comme pour les carburants au colza, cela implique la gestion de champs entiers non destinés à l’alimentation. Les plants peuvent être des OGM, traités avec des produits non naturels qui polluent les eaux. De plus, ces cultures peuvent entraîner des déforestations et plus largement une réduction de la biodiversité.

– aucun traçage sur les huiles
– cultures intensives, déforestation
– OGM, pollution des eaux

Sur quoi peut-on imprimer l’encre végétale ?

L’encre végétale est utilisée en procédé d’impression offset. Il permet d’imprimer sur tous supports souples : affiches, étiquettes, dépliants, catalogues, emballages, papier ou carton, cartes commerciales, livres, journaux, magazines, têtes de lettre…

Concernant le type de papier si l’on souhaite utiliser de l’encre végétale, il est plutôt logique d’utiliser un papier PEFC, FSC ou kraft. Ou d’aller vers du papier recyclé si la destination n’est pas alimentaire.

L’encre à base d’eau

Composition de l’encre à base d’eau

schéma composition encre a base d'eau

Comme les encres minérale et végétale, l’encre à base d’eau a des pigments, un véhicule (à base d’eau) et des additifs. Elle a en plus de la résine et des solvants (à base d’eau), c’est un type d’encre liquide et non grasse comme les précédentes.

Le type d’encre étant différent, le procédé d’impression change également. Les procédés qui utilisent l’encre liquide sont la flexographie, l’héliogravure et la sérigraphie.

Les points forts

L’encre à base d’eau ne dégage pas ou très peu de COV (Composés Organiques Volatiles), ce qui permet de réduire voire supprimer la pollution atmosphérique par rapport aux encres à solvants. Cette encre réduit les retraitements des solvants.

Les eaux usées générées par ces encres peuvent être directement traitées par les installations municipales.

+ très peu voire pas de COV
+ pollution atmosphérique nulle
+ réduction du retraitement des solvants
+ traitement des eaux usées simplifié
+ biodégradable voire compostable

Les points faibles

La quantité d’eau usée est largement supérieure qu’avec les autres types d’encres. Cela s’explique également car tout peut se rincer à l’eau, ce qui permet d’éviter les produits de nettoyage toxiques habituels.

À l’origine, l’encre à base d’eau a été créée comme alternative aux encres à solvants toxiques et polluantes. L’avantage des encres à solvants étant leur séchage très rapide. Les encres à base d’eau sèchent plus lentement, et encore plus sur les supports non poreux.

Ce temps supplémentaire augmente le délai et le coût de la commande. Il y a un manque à gagner du côté de l’imprimeur qui aurait pu imprimer et mettre à sécher d’autres commandes (non écologiques certes) pendant ce temps.

Apparemment le recyclage de papiers imprimés avec ces encres pose problème car le système n’est adapté qu’aux encres classiques dites « hydrophobes ». Par la « flottation », les encres remontent à la surface et sont ainsi séparées du papier et de l’eau. L’encre à l’eau est « hydrophile » et ne se sépare pas mais se mélange à l’eau. Elle ne peut donc pas être éliminée et s’accumule dans les circuits.

– quantité d’eau usée supérieure
– séchage plus lent que les autres encres
– augmentation délai et coût
– recyclage papier pas encore adapté à ce nouveau type d’encre

Sur quoi peut-on imprimer l’encre à base d’eau ?

L’encre à base d’eau est essentiellement utilisée avec le procédé de flexographie. Il permet d’imprimer : papier cadeaux, sacs, étiquettes, pochettes, papiers peints, blocs, agendas, serviettes, nappes, revues, livres, journaux…

En faisant des recherches, plusieurs sites affirment que les supports « se diversifient » avec l’encre à base d’eau mais je n’ai trouvé nulle part quels étaient exactement ces supports (si vous en savez plus à ce propos, n’hésitez pas à m’envoyer vos sources, je serais ravie de compléter l’article :)).
De plus, il faut faire attention car des encres hybrides existent maintenant, elles ont bien une partie à base d’eau mais ont aussi d’autres composants plus polluants afin de pouvoir tenir sur des supports comme du plastique ou du vinyl.

Concernant le type de support, il est utile de se renseigner afin de faire un choix le plus écologique possible. Par exemple du papier FSC, du coton recyclé, du carton en chute de tissu…

En conclusion

L’encre écologique parfaite n’existant pas encore, il est intéressant de connaître les points forts et les points faibles des alternatives pour faire votre choix en toute conscience.

Pour savoir quelle encre utiliser, demandez conseil à votre imprimeur car le choix de l’encre dépendra d’abord du choix du support souhaité (packaging en carton, sac en papier kraft, papier FSC…).

Par exemple, pour une affiche sur simple papier PEFC il y aura peut-être le choix entre encre végétale et encre à l’eau, tandis que sur du carton, seulement l’encre à l’eau sera disponible.

Pour terminer, j’espère que la lecture de cet article ne vous a pas trop découragé. Au fur et à mesure de mes recherches sur les alternatives écologiques, je découvre qu’en écologie et en éthique, rien n’est jamais tout noir ou tout blanc.
Il ne faut pas hésiter à relativiser, à déculpabiliser et à utiliser des alternatives lorsqu’elles vous parlent et que souhaitez qu’elles se développent, et ce, même si elles ne sont pas encore parfaites.


image Qui suis-je Marie-Ange Vollard

Je suis Marie-Ange Vollard, graphiste et illustratrice, j’aide les marques éthiques et écoresponsables à attirer leur client idéal grâce à une communication visuelle en accord avec leurs valeurs.

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Crédits
L’icône sympa sur mes épingles Pinterest a été créée par Freepik et vient de flaticon.
Photo de cottonbro provenant de Pexels.
Le reste des visuels a été créé par mes soins 🙂

Encre végétale, encre à l'eau... que choisir pour une impression écologique ?
Quelle encre choisir pour son impression écologique ? - Marie-Ange Vollard
Impression écologique : encre végétale ou encre à l'eau ? - Marie-Ange Vollard
Les commentaires du blog

Bonjour Marie-Ange,

Un grand merci pour ce super article hyper instructif !

Bonjour Liane, merci beaucoup d’avoir pris le temps de faire ce retour, ça m’encourage à continuer 🙂

Bonjour,
Connaissez vous des entreprises de fabricant d’encres végétales ?
Merci
Alexandra

Bonjour Alexandra, je suis désolée, je n’ai pas gardé de noms de fabricants à la rédaction de cet article l’année dernière. J’espère que vous trouverez facilement sur internet.

merci pour ces détails sur ces différentes encres du marché.

Bonjour, avec plaisir !

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